Une étude d’influence

Nous allons aujourd’hui nous intéresser à cette étude concernant l’influence des blogs. Le sujet peut paraître convenu mais ici la méthode est singulière, les auteurs ont en effet mesuré précisément l’influence d’un ensemble de blogs dans le cadre d’une affaire déjà célèbre qui a fortement ébranlé Dell en 2005.

L’affaire

Un petit rappel s’impose, en Juin 2005 un dénommé Jeff Jarvis, blogger de son état, ne tient plus, son ordinateur Dell fonctionne tellement mal qui décide de s’en plaindre ouvertement sur Buzzmachine, blog dont il est l’auteur et qui connaît un succès important sur la toile.

L’histoire aurait pu s’arrêter là mais Dell n’a décidemment pas la cote auprès de ses utilisateurs, Jeff se rend compte qu’ils sont des millions comme lui à avoir eu des problèmes avec leur machine.

En bon professionnel de la communication Jeff décide alors de prendre les choses en main, il publie une série de pamphlets incendiaires qui ont pour conséquence de faire exploser l’affaire. Le résultat de ce désastre médiatique, un plongeon de 28% de l’action Dell, un événement sans précédent dans l’histoire de l’économie!

Les auteurs

Parlons un peu des auteurs de cette étude, un trio de sites spécialisés dans la communication auprès des grandes entreprises.

Le premier, Market Sentinel, se charge de surveiller la toile pour de gros clients, à la recherche des commentaires, avis de consommateurs ou revues les concernant.

Immediate Future s’occupe quant à lui de rédiger et de publier des conférences de presse au travers de différents médias.

Enfin Response Source est un annuaire de conférences de presse et de compagnies spécialisées dans ce domaine.

L’étude

L’étude exploite un nombre impressionnant de données récoltées sur internet, elle les compile en utilisant la loi de Citation Indexing et le principe des Stakeholders pour finalement obtenir des classements d’influence détaillés. Cette démarche permet d’expliquer clairement ce qui est arrivé dans le cas de Dell et comment d’un utilisateur mécontent on est passé à un cataclysme financier.

Une série de graphiques et d’études de cas viennent étoffer l’argumentaire, notamment une description détaillée de l’utilisation des liens et de leur importance au sein de la blogosphère.

En conclusion

Cette étude, réalisée par des professionnels qui ont réalisé un travail de fourmis, est une première dans ce domaine, ce qui la rend particulièrement intéressante. Certes on ne peut échapper au racolage publicitaire mené par les auteurs à la fin du document, mais si on fait abstraction de ce détail on dévore les 25 pages de cet article tout à fait passionnant.

Skyblog

Chose promise chose due, aujourd’hui je vous parle un peu des skyblogs.
Des chiffres

Il y a l’heure où je vous écrit ces quelques lignes il existe plus de 5 millions de skyblogs, on parlerait même d’un blog pour deux adolescents.

L’affluence comparative avec la presse est intéresseante.
Est-ce que le pic de visite sur skyblog vient du blog de la miss france actuelle? je n’ai pas réussi a trouver les dates de la diffusion en masse de cette addresse sur l’Internet pour pouvoir recouper.

Des ados

A première vue il semble que l’on trouve de tout et de rien (surtout de rien d’ailleurs) sur les skyblog, une chose est généralisée en
tout cas c’est l’utilisation de langage sms façon « kikoolol ».

Les skyblogs en soit ne racontent rien à des gens de passages comme nous essayons de le faire, la plupart montrent des photos avec une simple description de la photographie. Le but étant plus de montrer son appartenance à un groupe ou montrer aux internautes l’histoire du groupe en question, sorte d’archives prises à la caméra de téléphone portable.

C’est là ou Skyblog atteint son coeur de cible, c’est à dire réussir à créer de vraies tribues numériques.

Les skyblogs sont les blogs les plus simples à créer. Il existe donc des blogs « jetables » pour faire la promotion d’une soirée et de son équipe organisatrice, ou encore pour donner l’itinéraire d’une « free party » plus ou moins secrète.

Des marques

J’ai découvert pour écrire cette note quelquechose de plus suprenant.

Il existe également des « flogs » (1) .

Dans les blogs officiels, estampillés du logo Skyblog officiel rouge, se cachent des blogs tenus par Apple ou même la SNCF (regardez la pub en haut sur ce dernier). Les cellules communications de ces marques essairaient-elles de se donner une image branchée en tentant de surfer sur la vague skyblog.

et, un bonus…

Bon je pouvais pas vous laisser comme ça, je vous laisse cette perle, il faut lire l’un a la suite de l’autre.

[1] flog : mot valise pour fake blogs, de faux blogs ou de faux utilisateurs font la promotion d’articles en décrivant leur utilisation jour après jour comme de vraies personnes, voir un exemple avec l’ancien blog de Vichy.

Blog et flux RSS : Une information personalisée

Lors de l’un de nos précédents billets, nous avons brièvement évoqué le rôle des flux RSS au sein de la « blogosphère ». Aujourd ‘hui, nous allons tenter de développer davantage l’intérêt de cette technologie:

Vous avez dit RSS ?

RSS est l’abréviation de Really Simple Syndication. C’est un standard dérivé du XML qui permet de diffuser de manière simple et hiérarchisée du contenu. De nombreux sites web et blogs proposent la diffusion de leurs actualités sous forme de flux RSS.
Un fichier RSS est un simple fichier texte présentant des informations de manière organisée. Ce fichier est mis à jour à chaque fois que de nouvelles informations sont ajoutées. Pour lire ce fichier, un lecteur de flux RSS est nécessaire afin de visualiser les actualités de manière ordonnée et intelligible.

A quoi ca sert ?

La technologie RSS vous permet de recevoir sur votre ordinateur en temps réel n’importe quelle actualité diffusée par un blog ou un site utilisant le format RSS. Imaginez que vous vous soyez inscrit pour recevoir les actualités du journal J. Votre lecteur RSS va, par exemple, chaque heure aller vérifier sur le site du Journal J s’il y a de nouveaux communiqués et vous prévenir au cas où. Vous ne voulez plus recevoir l’actualité du journal J ? Rien de plus simple, vous n’avez qu’à effacer ce flux de votre lecteur qui n’ira donc plus visiter le site du Journal J. Vous restez à tout instant maître de l’information.L’information en provenance du site s’affiche sous forme d’un fil d’actualité, en cliquant sur un titre, le contenu du communiqué apparaît. Ces informations étant sur votre ordinateur, vous pouvez même les lire sans être connecté à Internet.

Comment ca marche  ?

Pour pouvoir lire un flux RSS, il faut un lecteur de flux RSS. Ce lecteur est une application qui permet d’une part d’afficher les informations contenues sous une forme lisible et qui, d’autre part, va chercher régulièrement les informations des flux que vous lui avez soumis. Chaque fois que vous verrez un logo RSS ( bouton de couleur orange) ou un lien du type Syndiquer ce flux, cliquez, un fichier est alors affiché, copiez l’url de ce fichier et ajoutez la dans votre lecteur par la commande Ajouter ou Créez un flux.
Il existe pour faire simple 3 types de lecteur de flux RSS :
Les logiciels : ceux-ci s’installent simplement comme d’autres applications (ex : Feedreader)

Les applications intégrées : celles-ci font parties de logiciels comme des navigateurs ou des clients mails ( ex : Thunderbird (MAC et PC) )

Les interfaces Web : ces applications sont directement accessibles par Internet sans aucune installation pré requise (ex : Snyke.com)

Les avantages du RSS ?
La technologie RSS possède des avantages la prédisposant favorablement face à d’autres canaux de communication : 

  • L’information est transmise à l’utilisateur (pull) et c’est ce dernier qui en fait la demande, l’utilisateur reste donc anonyme et contrôle l’accès à l’information. Le Spam est donc très limité.
  • La diffusion de l’information et sa mise à jour sont quasiment instantanées.
  • La simplicité et la standardisation de cette technologie la rend portable sur toutes les plateformes (lecteurs logiciels, sites WEB, blogs, Mac, Pc, téléphone, PDA, etc..)

Au final, grâce à la technologie RSS, la blogosphère s’apparente à un gigantesque système de news, personnalisable et sans limite.

Devenir riche avec son blog?

Tout internaute, au fil de ses pérégrinations sur la toile, finit par s’apercevoir à brève échéance que le monde libre et idéal offert par ce média est une façade. De même la gratuité qui semble le caractériser a ses limites. Avec le nombre croissant de personnes connectées à travers le monde augmente également le nombre de consommateurs potentiels. Les grands acteurs de l’Internet aujourd’hui l’ont bien compris, et si le boom qu’a connu la publicité virtuelle est un peu retombé, il leur reste encore de nombreux terrains de bataille. Google domine le marché de la publicité sur le web et génère la plupart de ses revenus grâce à elle et à son énorme popularité. Il loue en effet à prix d’or ses services aux entreprises qui veulent voir leur nom s’afficher à chacune de vos recherches, mais aussi à des particuliers.

Pourquoi ne pas chercher à en profiter ? Peut-on devenir riche avec un blog perso ? Quelques éléments de réponse dans ce billet.

 

Les éléments du succès

Le but premier d’un blog personnel n’est pas de générer un revenu mais plutôt de faire partager une passion ou des opinions à des lecteurs. Pourtant on peut vite avoir envie de couvrir certains frais grâce à de la publicité.

Le premier élément sera donc de trouver comment diffuser cette publicité. De nombreux outils sont mis en place par les majors de la publicité online. Parmi ces services de gestion de publicités textuelles on peut citer un des plus connus : Google AdSense. Quelques lignes de code suffisent au bloggeur pour afficher sur sa page des publicités thématiques (liées au contenu). Il perçoit alors un pourcentage des montants versés par les annonceurs à Google pour chaque clic enregistré et non pour chaque visualisation de la publicité. Les offres de stockage de blog gratuites utilisent ces espaces pour leur profit mais des plate-formes comme Typepad permettent d’intégrer facilement des espaces à but personnel.

De nombreux commerces en ligne offrent aussi des services similaires (FNAC, Amazon…) et certains programmes comme TradeDoubler permettent de s’affilier à plusieurs sites marchands. L’affiliation est donc une des clefs du succès.

Un conseil à suivre pour rentabiliser vos bannières est de tenir un blog dont le contenu sera plutôt ciblé. On observe que les clics sur les publicités sont plus fréquents lorsque l’internaute est à la recherche d’une information. Il est alors plus sensible à ce qui va lui être proposé. Les surfeurs les plus attirés par les annonces sont par ailleurs les fans de gadgets ou de technologie.

 

Un succès tout relatif

Mais une affiliation et un contenu spécialisé ne suffisent pas pour devenir riche dans la blogosphère francophone. Si la publicité sur les blogs prend son essor outre-Atlantique, il en va autrement pour les sites qui parlent français. Même les bloggeurs francophones les plus connus ne sont pas encore parvenus à gagner suffisamment avec leur blog. Loïc Le Meur, par exemple, à travers sa page (l’une des plus médiatisée et liée de la blogosphère francophone) ne générait pas plus de 100€ par mois il y a un an.

Le CPM, coût pour mille ou revenus générés pour 1000 pages vues, ne dépasse en général pas 1€, somme assez ridicule. Les blogs anglais sont ainsi beaucoup plus rentables que leurs homologues français puisqu’ils touchent une plus grande population. Les plus gros blogs mondiaux parviennent ainsi à accumuler des revenus en dizaines de milliers de dollars par mois (Daily Kos, …).

 

Céder ou ne pas céder ?

Alors doit-on « vendre son âme au diable » pour tenter de gagner quelques euros ? Le but d’un blog est au départ de partager des idées et non à but lucratif. Libre à vous de traduire votre contenu dans la langue de Shakespeare et de marquer de votre sang les contrats qui vous lieront aux majors de la publicité online. Mais la lisibilité de votre page préférée en sera peut être perturbée et vous risquez de perdre les visiteurs dont vous avez besoin pour un résultat pas forcément probant…

Pour plus de renseignements je vous renvoie aux articles suivants :

Des blogs et des marques

La blogoshpère, espace de liberté pour des millions d’internautes, se révèle aussi être un formidable outil pour les professionnels du marketing.

Les possibilités sont sans limite, et les bénéfices souvent extraordinaires. En effet comme nous l’avons vu avec l’article Blog et Politique, le blog est un moyen de communication impressionnant, comparable à un panneau publicitaire géant visible du monde entier !

Penchons nous donc sur les méthodes utilisées par les professionnels de la publicité pour tirer parti du merveilleux monde des blogs.

Les blogs supports publicitaires

Si vous avez une petite expérience en tant que blogger, il ne vous aura pas échappé que la gratuité de ce médium n’est q’une façade, les sites spécialisés ne sont pas tenus par de gentils mécènes préoccupés par votre seul bien-être, ce sont des entreprises, souvent très rentables.

Mais alors comment faire de l’argent à partir d’un outil dont la principale caractéristique est sa gratuité ? Et bien tout comme les moteurs de recherche, les sites spécialisés, et bien d’autres encore, les sites de blog gagnent leur vie grâce à la publicité.

Prenez l'exemple de Skyblog, voilà le blogger transformé à son insu en homme sandwich, en machine à sous docile et surtout très rentable. D’un autre côté on peut apprécier le fait que ces pratiques assurent un service de qualité sans aucune dépense de la part de l’utilisateur.

Les blogs publicités

Ici on doit distinguer les différentes catégories d’ « Adverblog », ces blogs dont les marques se servent pour faire de la publicité sur le long terme, ou simplement pour lancer un produit particulier. Ces catégories sont très nombreuses, en voici un petit échantillon :

  • Le blog concept : ou comment donner carte blanche à un groupe d’artistes contemporain pour créer un buzz bénéfique à la marque, en voici un exemple intéressant réalisé par Nike.
  • Le blog original : on peut également trouver une idée originale pour attirer le lecteur, comme par exemple Sega avec son BETA-7.
  • Le blog de publicité camouflée : la guerre doit être menée sur tout les fronts si on veut captiver les foules, pas toujours avec des moyens très éthiques, corruption, mensonge, tout est permis, mais attention si la marque qui utilise ces méthodes vient à être démasquée, les conséquences peuvent être terrible ! Voyez le boycott de Raging Cow.

En conclusion

Tous les coups sont donc permis dans cette guerre de la rentabilité, si on peut applaudir le fait qu’elle permet de financer des outils de plus en plus au point, on ne peut que dénoncer les abus de certains grands groupes qui sont prêts à tout pour s’octroyer une part du gâteau.

Et si j’en faisais autant ?

Arrivée à ce stade de la lecture de 20 notes sur les blogs, vous vous dites qu'il serait peut-être temps d'en faire autant, pour faire connaître votre passion pour la collection de gonviers (si cela existe vraiment, on appelle même ça des cappaspingulophiles).

Enfin bref, vous cherchez donc un système de blog plutôt simple et bien fait, et si possible pas trop cher.

Vous êtes chanceux, il existe plusieurs solutions d'hébergement gratuites, nous ne verrons que celles-ci.

Tout d'abord un peu de publicité pour wordpress qui héberge 20 notes sur les blogs, c'est un bon outil de blog assez simple a prendre en main et à la fois très complet. WordPress est de plus gratuit et ne contient pas de publicité.

Du côté de la mise en page, on regrette le faible choix de thèmes qui, c'est une question de goût, sont soit surchargés soit tristounets. Ceux qui installeront le moteur de blog wordpress sur leur site personnel ne souffriront pas de ce problème et bénéficierons d'un large choix de thème en pouvant personnaliser.

Notre choix a failli se porter sur le système de blog de google, qui est lui au si très simple, exempt de pub, aux thèmes plus attractifs que wordpress. Mais c'est au niveau technologique que blogger pèche, il manque la gestion des tags (1) et des trackbacks sur un billet.

Il est à noter que ces blogs bénéficient d'un très bon système de référencement, sans doute du à leurs origine.

Un bon outil de blog également, très bon technologiquement, il offre la possibilité d'afficher un blog "ami" dans une colonne a droite ou à gauche à partir d'un flux RSS (2)

Visuellement, là encore un choix de thème assez réduit, mais les thèmes peuvent êtres retouchés à la main pour qui à des notions de langage HTML, on appréciera cette fonctionnalité qui permet au créatif de démarquer son blogs de celui des autres.

On me reprochera de parler tout le temps des skyblogs, mais les skyblogs sont incontournables représentant une communauté de 4 millions de "djeunz" près à "lacher des comz". Skyblog rentre également dans nos critères de gratuité et de simplicité, même si ici simplicité rime avec pauvreté. C'est d'ailleurs sans doute un des éléments de sa popularité, mais nous reviendrons sur ce phénomène intéressant et sur lequel il y a de petites perles à voir (c'est promis je vous emmènerais faire un tour).

Voila un rapide tour des bonnes adresses pour créer son blog, suivant ce que vous recherchez, si vous pensez au d'autres bon systèmes de blog "lachez vos comz".

  1. tags : un système pour classer des ressources, une sorte "d'étiquette", voir folksonomie, les tags permettent la formation de tagclouds (nuages de tags), comme on peut en voir ici pour les blogs hébergés par wordpress (plus les tags sont gros, plus il y a d'articles "taggés" avec ce nom).
  2. flux RSS : permet de consulter un site, sans aller voir avec son navigateur, il permet de récupérer uniquement les titres des articles récents. On peut consulter ces flux avec un agrégateur RSS ou avec un bon navigateur, voir 20 notes sur les flux RSS.

Blogs et Législation : Une jeunesse en dérive

  En Janvier 2005, Joe Gordon, employé de chez Waterstones se fait licencier après avoir publiquement insulté à plusieurs reprises son patron sur son blog. Ce comportement, loin de se limiter aux relations patrons/employés, s’est aujourd’hui étendu à une frange plus importante de la population, après la condamnation de 8 lycéens récemment, ayant critiqué leurs enseignants sur leurs blogs. Le dérapage était inévitable, et ce pour plusieurs raisons. 

  Tout d’abord, les blogs sont un moyen d’expression très prisé de la jeunesse d’aujourd’hui, habituée aux moyens de communication en tous genres, et surtout les plus libres : messengers (msn, aim, yahoomessenger…), P2P (peer to peer : logiciels de partages de données permettant à deux particuliers de s’échanger des données de type multimédia, responsables de la guéguerre sur le piratage)…

  Les jeunes sont avides de ces nouveaux services, souvent sans bien y discerner la part de légalité ou de responsabilité. Et c’est ainsi que certains se trouvent piégés à leur insu et condamnés à de lourdes peines pour ce qu’ils n’imaginaient même pas être un délit.

En France

D’après la loi :

« Parler de son entreprise sur Internet ne constitue pas une faute susceptible de motiver un licenciement ou une sanction disciplinaire » 

 Si l’on ne risque pas de se faire licencier pour propos tenus sur un blog en France (tant que ceux-ci respectent les conditions stipulées dans le contrat de travail) ; des élèves ont, eux, été renvoyés de leur établissement suite à des propos injurieux tenus sur leurs professeurs. Comment expliquer cet écart ?

 La loi pour La Confiance dans l'Economie Numérique (LCEN) considère trois catégories d'acteurs: fournisseur d'accès, éditeur et hébergeur. Le « blogger » fait donc nécessairement parti de l’une d’elles. Reste à savoir dans quel groupe le classer. Car en fait, tout le problème vient, la plupart du temps, des commentaires postés sur le blog que ne peut contrôler ou alors qu’en prenant des mesures très spécifiques et pas du tout en vigueur (bannissement d’une personne, censure, validation de chacun des commentaires avant de le poster…) l’administrateur du blog.  

 Et une fois le mal fait, difficile de départager les différentes responsabilités qui incombent aux deux parties. Qui doit payer les pots cassés ? Le « blogger » est-il alors un éditeur (responsable de tout) ou un hébergeur (couvert par les dispositions spécifiques de la LCEN), sachant que l’hébergeur lui n’est pas tenu de contrôler le contenu mais seulement de réagir à toute plainte en retirant de la circulation l’objet conflictuel (objet qui ne respecte pas la loi) ? 

 Le problème est que pour prétendre être un hébergeur aux yeux de la loi, et donc bénéficier de droits qui en découlent, il faut respecter certaines conditions qui, la plupart du temps, sont complètement ignorées des administrateurs des blogs (détenir et conserver "les données de nature à permettre l'identification de quiconque a contribué à la création du contenu"). Sans ce préalable, le « blogger » sera taxé d’appartenir à la catégorie des éditeurs et ne sera donc pas couvert. Une solution serait de proposer une chartre de "bonne conduite" entre « blogger » et lecteur, ou d’entamer une opération de sensibilisation à grande échelle, afin d’éviter tout dérapage.

 Au final, les juristes devront, tôt ou tard, se pencher sur ce phénomène afin de régulariser ces situations, trop récurrentes pour être négligées.